Donner de son vivant permet d’aider ses proches et d’organiser sa transmission, souvent dans des conditions fiscales avantageuses. Mode d’emploi.
Anticiper plutôt que subir
La donation transmet immédiatement un bien à un bénéficiaire. Elle permet d’aider un enfant, d’équilibrer une future succession et de profiter d’abattements fiscaux qui se renouvellent tous les 15 ans.
Donation simple ou donation-partage
La donation-partage répartit les biens entre les héritiers du vivant du donateur et fige les valeurs au jour de l’acte : elle prévient les conflits futurs, contrairement à la donation simple, réévaluée au décès.
Protéger son conjoint
La donation entre époux (dite au dernier vivant) augmente les droits du conjoint survivant. Un outil simple et efficace de protection du couple.
Notre conseil
Les abattements : ce que l’on peut transmettre sans droits
La fiscalité des donations repose sur des abattements qui se reconstituent avec le temps. Les principaux :
- 100 000 € par parent et par enfant ;
- 31 865 € par grand-parent et par petit-enfant ;
- 80 724 € entre époux ou partenaires de PACS ;
- 31 865 € supplémentaires pour un don familial de somme d’argent, sous conditions d’âge du donateur et du bénéficiaire.
Ces abattements se renouvellent tous les quinze ans. C’est le point le plus souvent ignoré, et celui qui plaide le plus fortement pour anticiper : un couple peut transmettre 200 000 € à chaque enfant en franchise de droits, puis à nouveau quinze ans plus tard.
Donation simple ou donation-partage : la différence est majeure
Les deux transmettent un bien du vivant. Mais elles ne produisent pas du tout les mêmes effets au décès.
La donation simple
Elle est rapportable à la succession, et le bien est réévalué à sa valeur au jour du décès. Un enfant ayant reçu un appartement valant 150 000 € il y a vingt ans se le verra compter pour sa valeur actuelle. Sur le littoral malouin, où les prix ont fortement progressé, l’écart peut devenir une source de conflit durable entre frères et sœurs.
La donation-partage
Elle fige la valeur des biens au jour de l’acte, à condition que tous les enfants y participent et reçoivent un lot. Ce qui a été donné ne sera pas réévalué. C’est l’outil le plus efficace pour prévenir les contestations, et la raison pour laquelle nous le recommandons dès qu’une famille compte plusieurs enfants et un patrimoine immobilier.
Donner la nue-propriété et conserver l’usage
Le démembrement consiste à donner la nue-propriété d’un bien tout en conservant l’usufruit : le donateur continue d’y habiter ou d’en percevoir les loyers jusqu’à son décès.
Deux avantages se cumulent. Les droits ne sont calculés que sur la valeur de la nue-propriété, déterminée par un barème légal fonction de l’âge du donateur — plus la donation est précoce, plus elle est légère. Et au décès, l’usufruit s’éteint sans droits supplémentaires : le nu-propriétaire devient plein propriétaire.
C’est la solution la plus fréquente pour une résidence secondaire que l’on souhaite transmettre sans s’en dessaisir.
Les limites à connaître
- La réserve héréditaire : on ne peut pas déshériter ses enfants. Une donation qui l’entamerait serait réductible à l’ouverture de la succession.
- L’irrévocabilité : donner, c’est se dessaisir. Hors les cas prévus par la loi — ingratitude, inexécution des charges, survenance d’enfant —, on ne revient pas sur une donation.
- La forme : la donation d’un bien immobilier exige un acte notarié. Un don manuel de somme d’argent doit être déclaré à l’administration fiscale.
- Le train de vie : donner trop tôt ou trop largement expose le donateur à se retrouver démuni. L’équilibre se raisonne, il ne s’improvise pas.
Questions fréquentes
Tous les combien peut-on donner sans droits ?
Les abattements se reconstituent tous les quinze ans. Une donation consentie il y a plus de quinze ans n’est plus prise en compte dans le calcul des droits de la suivante.
Peut-on donner à un seul de ses enfants ?
Oui, dans la limite de la quotité disponible. Au-delà, la donation empiéterait sur la réserve des autres enfants et pourrait être réduite au décès. Une donation-partage associant tous les enfants évite cette difficulté.
Faut-il un notaire pour donner de l’argent ?
Un don manuel de somme d’argent peut se faire sans acte, mais il doit être déclaré. Passer par le notaire permet d’en fixer la date, de l’imputer correctement et d’éviter les contestations ultérieures entre héritiers.
Chaque donation a des conséquences civiles et fiscales durables. Le notaire calcule l’intérêt de l’opération et sécurise l’acte. Anticiper, c’est protéger.
Cet article a une vocation informative et ne remplace pas un conseil personnalisé. L’Office notarial Courtoisville Notaires se tient à votre disposition.

