Acheter dans l’ancien : ce qu’il faut peser avant de se décider

Acheter dans l’ancien : ce qu’il faut peser avant de se décider

Le charme de l’ancien d’un côté, la perspective de travaux de l’autre : tel est le dilemme que rencontrent souvent celles et ceux qui se tournent vers une maison déjà habitée. On entend par Bien ancien un logement qui a déjà connu un occupant, ou dont le titre de propriété a déjà été transmis au moins une fois. Pour vous aider à discerner si cette voie vous convient, nous vous proposons de peser, avec le recul du Notaire, ses atouts comme ses limites.

Pourquoi l’ancien séduit-il autant d’acquéreurs ?

Se projeter, d’abord. Se tourner vers l’ancien, c’est pouvoir visiter le bien convoité, se rendre compte de sa construction, de ses volumes et de l’agencement de ses pièces. Rien n’est laissé à l’imagination : vous mesurez concrètement l’espace, et il vous est plus aisé d’y projeter votre vie et vos meubles.

Emménager rapidement, ensuite. Entre la signature du compromis de vente et celle de l’Acte authentique, au terme de laquelle vous recevez les clés, il s’écoule généralement de trois à quatre mois. Le logement est là, prêt à vous accueillir : c’est la solution que nous privilégions volontiers lorsque le temps presse.

Le cachet, aussi. Poutres, pierres apparentes, moulures, parquets, hauteur sous plafond : les matériaux d’autrefois confèrent souvent à l’habitation un charme particulier. Une maison qui a abrité plusieurs familles possède une histoire, une âme même, que recherchent les amateurs d’ancien ; et si elle s’ouvre sur un grand jardin, on y découvre parfois des essences d’arbres remarquables.

La situation, enfin. De nos jours, il est rare de voir s’élever des constructions neuves en centre-ville, les terrains constructibles étant relégués en périphérie. L’ancien, lui, permet de s’installer au cœur de la cité, à proximité des commerces, des écoles, des équipements sportifs et des transports. Pour qui préfère la campagne, il se trouve aisément un bien isolé ou niché dans un hameau, entouré de terres agricoles non constructibles, gage d’une véritable tranquillité.

Ajoutons l’embarras du choix — maison mitoyenne, de plain-pied, à étages, avec petit ou grand jardin, garage ou dépendances — et un prix plus contenu : à prestations équivalentes, l’ancien revient généralement moins cher que le neuf, dans une proportion toutefois très variable selon le marché local, l’emplacement et l’état du bien. Les travaux à prévoir peuvent d’ailleurs devenir un levier pour négocier le prix d’achat, et l’espoir d’une plus-value demeure réel en cas de revente, dès lors que vous avez embelli le bien, amélioré ses performances énergétiques, ou que le quartier a pris de la valeur au fil des années.

Quelles réserves faut-il garder à l’esprit ?

Cependant, l’ancien impose sa part de vigilance, et il nous importe de vous la signaler sans détour.

La performance énergétique constitue le premier point d’attention. Défaut d’isolation, chauffage ou électricité non conformes, simple vitrage : les biens anciens sont rarement bien classés au diagnostic de performance énergétique, ce qui se traduit par des factures élevées ou un budget rénovation conséquent. Avant d’acheter, il est impératif d’examiner les diagnostics immobiliers remis par le vendeur, obligatoires avant la signature du compromis. Notez que certains biens en sont légalement dispensés, notamment les logements dépourvus de tout système de chauffage (ou équipés d’une simple cheminée à foyer ouvert, sans climatisation) et les logements destinés à être utilisés moins de quatre mois par an (article R.126-15 du Code de la construction et de l’habitation).

Les frais d’acquisition sont, de par la nature du bien, plus élevés : de 7 à 8 % du prix pour l’ancien, contre 2 à 3 % pour le neuf.

L’absence de sur-mesure peut également rebuter. Le plan est fait, les pièces sont aménagées, les matériaux posés ; et même en envisageant d’importants travaux, vous ne pourrez pas toucher à la structure du bien.

Enfin, l’ancien n’offre guère de garantie. Il est rare qu’une maison ancienne bénéficie de la garantie décennale, et de mauvaises surprises — vices cachés compris — peuvent surgir avec les années. Certains matériaux jadis répandus sont aujourd’hui prohibés en raison de leur nocivité : c’est le cas de l’amiante, parfois présente dans les toitures ou les annexes, dont le remplacement incombe à l’acquéreur, sauf clause négociée à l’inverse.

En somme, l’ancien se mérite : il récompense l’acheteur attentif, celui qui aura lu ses diagnostics, anticipé son budget travaux et fait relire son avant-contrat. C’est précisément là que notre accompagnement prend tout son sens.

Pour toute question, l’Office notarial Courtoisville Notaires se tient à votre disposition : n’hésitez pas à nous contacter directement. Le notaire peut intervenir sur l’ensemble du territoire national, en présentiel comme à distance — notaires@courtoisville.fr · 02 99 46 71 78.